Habituellement, je dessine, j’anime, je crée de mes mains des choses qui me plaisent. Mais depuis 2 mois et demi, mes mains ne sont plus mes alliées. Elles sont douloureuses, incapables d’agir, parce que je n’ai pas su les écouter. C’est à moi de reconstruire ce lien physique que je n’ai pas assez choyé, j’utiliserai pour le moment un nouveau support : l’écriture.
Je vous propose l’exercice suivant : je vais décrire la création que je voulais réaliser, comme si je vous le comptais dans un livre. Je vais essayer de vous faire sentir l’essence même de la scène.
A la découverte de…
Comme après chacun de ses passages, elle laisse un silence particulier. Si caractéristique de ce bouleversement soudain, il s’impose à nous étouffant les sons qui font notre quotidien. Tout semble plus calme, plus serein. Ce microscopique bout d’univers que l’on connait se transforme avec douceur, nous proposant des sons inconnus, des sons différents, une redécouverte de ce qui compose ce dont nous ne pouvions qu’être certaine·. Et pourtant nul ne peut ignorer que ce blanc manteau nous plonge inévitablement dans une ignorance certaine.
Devant soi, un caillou relativement imposant, mais pas assez pour être un rocher. Cette limitation intellectuelle d’une définition pas assez précise des termes laisse libre court à votre évaluation personnelle. Ce caillou, puisque c’est le terme que je choisis, est gris, morne, immobile. Sans que cela ne cesse, de la neige tombe précisément au-dessus de cette masse sans vie. Elle s’arrête uniquement pour s’accumuler au-dessus de lui, flocon par flocon, et lui créer un liserai blanc à ses pieds, tel un délicat tapis qui ne pourrait résister au moindre pas.
C’est une scène classique de la vie hivernale, et pourtant elle est apaisante par sa douceur et sa délicatesse.
Soudain, le caillou tremble et se relève lentement. Cet élément dont vous étiez certaine· qu’il ne pouvait bouger se redresse, montrant alors un autre monde. Ce petit être a deux petits bras, et une paire de pattes tellement large qu’on les confondrait avec le caillou lui-même. De ses yeux bleu grisonnants, il vous regarde, vêtu d’un duveteux chapeau blanc. En fermant les yeux, il se secoue soudainement tel un chien mouillé par la pluie, se dégageant ainsi des tas de neige qui l’encombrait.
Quelques clignements d’yeux plus tard, il s’allonge de nouveau en boule dans la neige, permettant ainsi de retrouver l’état de départ si connu de cette scène : un grand caillou, ou peut-être un rocher, est là sous la neige, se faisant recouvrir sur un délicat tapis de neige blanche.
Il vous aura montré ce que la neige nous apporte : nous ne pouvons ignorer que nous ignorons tant de choses.
.. la neige
Voici un croquis de ce qui pouvait constituer la scène de départ :

Il était prévu dans mon cerveau de réaliser une animation sous Blender, en découvrant ce fabuleux outil qu’est le Grease Pencil. Ce sera pour une autre fois !
Prenez soin de vous,
Lulu

