Un soir dans un bar d’un quartier tranquille d’une grande ville. Un homme, la quarantaine les cheveux en batailles grisonnant sur les tempes pénétra dans son bar préféré.
Guidé par l’habitude il se posa sur son tabouret de prédilection. Un simple regard amical au barman et celui-ci lui apporta le routinier cognac. L’homme a l’odeur de la boisson sentit son corps perdre un degré de tension parmi les multiples qu’il accumulait. Il se prépara à avaler goulûment son premier verre pour s’amuser et inhiber ses pensées noires.
Cependant alors que le liquide allait toucher ses lèvres une personne lui toucha l’épaule. L’homme n’avait pas l’intention de se laisser déranger, il accentua volontairement le mouvement espérant que la personne dans son dos serait suffisamment apte a comprendre le message. Malheureusement celle-ci ne semblait pas prête à cesser de lui masser l’épaule.
« vous voulez quoi ? Se retourna l’homme découvrant une personne affable au style passe partout bien que très chic
-Meph vous transmet ses salutations »
l’homme s’esclaffa et se repositionna sur sa chaise dos a l’homme. Pas de ça ce soir. Malheureusement il sentait que l’autre derrière n’était pas près de bouger. Une présence dérangeante le genre que tu veux pas. Se retournant une seconde fois l’homme fixa l’importun
« allez bouge de la. Grogna-t-il
-je crains que les salutations de Meph ne puissent être rejeté. S’expliqua le messager
-et bah mes salutations aussi dans ce cas, va jouer ailleurs.
-je ne suis pas ici pour…
-eh ! Mes clients sont là pour se détendre, voyez pas que vous le faites chier ? gueula le barman lavant un verre.
-t’inquiète pas pour ça, le pigeon voyageur va déguerpir de lui même. J’ai pas pu toucher ma conso je risque pas de bouger. S’amusa l’homme grisonnant
-Ah ! Voila qui fait plaisir à entendre. La prochaine est pour moi ! S’enjoua le barman.
-je crains de devoir insister. Fit poliment le messager.
-et je crains de n’en avoir rien à carrer. Barman ! monte la musique j’en peux plus de l’entendre celui-là. Lança l’homme grisonnant.
-Will ! raccompagne ce monsieur veut tu ? Fit le barman au videur assis dans un coin de la pièce. »
Le videur s’avança vers l’homme qui déclina poliment d’être raccompagné la situation escalada entre les deux hommes, alimenté par l’agacement du videur. Celui-ci excédé après quelques phrases tenta d’empoigner son interlocuteur désormais clairement intrus en ces lieux.
Le messager fit alors preuve d’une impressionnante agilité bien au-delà de toute compétence humaine, la peau pulsant de manière inquiétante. Et ceux étonnamment non pas pour agresser le videur mais dans un mouvement pour attraper l’homme grisonnant. Ce dernier lâcha un soupir parfaitement conscient que ce soir il aurait pas la paix.
D’un geste chirurgical l’homme grisonnant projeta l’importun hors du bar, l’étranglant au passage en choisissant de frapper de l’avant-bras, droit dans la pomme d’Adam.
« OHOHOH c’est quoi ça ? Je vais appeler les flics ! Paniqua le barman
-je t’aime bien barman mais ces types-là les flics font exprès de fermer les yeux dessus, y a pas grand monde qui peut leur tenir tête. Et la plupart sont des pètes-sec trop fier pour se salir les mains. Alors il reste que moi. Et ils aiment me rendre la pareil. Oublie ce que tu viens de voir, pour ta propre sécurité. Expliqua calmement l’homme grisonnant »
Buvant son cognac cul sec avec résignation il déposa les espèces correspondantes sur le bar et se releva. Après une grande inspiration il ressortit du bar,s’arrêtant au niveau du cadavre qu’il avait créé quelques secondes plus tôt. Une petite vérif et en effet le machin n’avait jamais été vivant. Encore un pantin à la con. C’est toujours des pantins à la con.
Ramassant le pantin il le traîna vers une ruelle sombre. Là l’homme grisonnant dévoila des yeux de chat, perçant l’obscurité de la ruelle il s’assura d’être seul. Une fois rassuré il attrapa le pantin par la gorge et le plaqua au mur. Puis avec dégoût il fit appel a ce truc en lui. Le machin qui lui donnait de tels yeux. Dès lors sa main en contact avec le pantin se mit à bruler de flammes noires.
Ces flammes semblèrent nourrir le pantin qui s’éveilla à nouveau. Et prit peur aussitôt
« il veut quoi cette fois monseigneur ma bite et mes fesses ? Siffla l’homme grisonnant
-comment oser v…
-ta gueule, je l’appelle selon la valeur qu’il mérite. Je répète il veut quoi ma bite et mes fesses ?
-le seigneur Méphistophélès est en…
-la version courte ! Rugis l’homme
-ce soir « le hangar » réparation de la nuit dernière. Déballa le pantin la voix brisée. »
l’homme hurla de rire. Alors c’était donc ça la baraque qu’il avait faite cramé la veille était rempli de démon mineur à cause de ce sac de Mephisto. Comment refuser une telle invitation ? L’homme desserra le poing de flammes noires vidant à nouveau le pantin de toute énergie. Évidemment il allait pas pouvoir laisser ça la.
Se concentrant quelques peu il créa d’immenses gueules dans les pans d’obscurité qui dévorèrent le pantin. Son larcin couvert il sortit de la ruelle. Le blouson par-dessus l’épaule pour se donner un air nonchalant et attendit un taxi.
Bien que le taxi eut visiblement du mal a comprendre pourquoi on voudrait aller dans une zone industrielle a cette heure il s’exécuta sans question. Un chic type qui mettait l’ambiance. De quoi laisser un pourboire généreux, après tout il aurait pu poser des tas de question de merde a la place.
Arrivé devant le fameux hangar l’homme grisonnant eut une moue ironique. C’était pas un hangar mais une véritable forteresse.
Partout sur le territoire du hangar des démons a la peau noire et écailleuse patrouillait sans le moindre semblant d’intérêt pour la dissimulation.
« oh toi la! qu’est-ce tu fous la ? Harangua un des démons
-oh moi ? Je cherche un certain ma bite et mes fesses
-qui ça ?
-eh bien ma bite et mes fesses, vu votre gueule vous le connaissez forcément »
Le démon eut une seconde de réflexion avant de comprendre le jeu de mot grossier. Soudain il hurla a la mort probablement pour prévenir ses collègues et chargea droit sur l’homme grisonnant.
« oh génial encore de la diplomatie. Pensa-t-il avant de tendre la main engloutissant son agresseur dans un torrent de flamme d’ébène. Faut bien s’échauffer. »
l’homme grisonnant s’avança donc dans le petit parking du hangar réduisant en cendre les démons qui ne maîtrisait pas leurs instincts belliqueux. Par petit plaisir sadique il hurlait son jeu de mot plutôt que le nom du véritable démon supposément présent ici.
Cette déformation ne faisait rien de plus qu’énerver les démons présents qui un a un finissait en petit tas de cendres.
Évidemment cette débauche de puissance démoniaque sur le petit parking ne tarda pas à attirer l’attention de ceux à l’intérieur. Qui tous se ruèrent par la porte d’entrée. Accueilli par une rôtisserie noir d’encre.
L’homme grisonnant heureux de ses fanfaronnades s’avança dans le hall d’entrée. De là il reprit de hurler son jeu de mot abruti à travers les pièces de ce hangar carbonisant au passage toute forme de vie démone qu’il croiserait.
Il faillit repartir incertain de s’il était déçu de ne pas croiser l’attraction principale, ou soulagé de pouvoir finalement finir sa soirée comme il ‘avait espéré. Cependant pour éviter de se farcir les remontrances de la garde angélique du coin, il vérifia plus que la simple existence matérielle de ce hangar. Bingo, Là au sein de l’absence de lumière se trouvait une pièce qui n’aurait pas du être. Un parfait piège a con. L’endroit idéal pour se planquer.
Voulant attraper un des nombreux démons pour les jeter dans la pièce afin de vérifier si piège il pouvait y avoir il pesta.Il avait tour cramé sans réfléchir. Marmonnant contre sa connerie il tourna dans le hangar, soudain, alors qu’il passait devant la grande vitre du bureau surplombant la grande salle de stockage il vit a l’extérieur un flash. Blanc reflet arc-en-ciel. Les marmonnements s’amplifièrent. La dernière chose dont il avait besoin la tout de suite c’est d’un abruti d’ange pour fourrer son nez là-dedans. Avec leur équipement de lampe torche comment tu voulais conserver assez d’ombres pour garder l’accès a cette pièce ?
L’ange pénétra dans le sas du hangar puis dans la grande pièce de stockage.
« bon aux vu des tas de cendres un peu partout je suppose que je suis pas le premier ici ? N’est-ce pas le grisonnant ? Réfléchit l’ange à haute voix haussant le ton sur la deuxième phrase. »
À ces mots une chose s’excita. Une voix d’outre tombe, puissante et caverneuse
« le grisonnant est ici?! Fit la puissante voix
-oh merde. C’est pas le grisonnant ca. Fit l’ange entendant ce qu’il avait visiblement réveillé »
L’homme grisonnant se réjouit depuis sa salle de contrôle. Finalement l’ange avait attiré l’autre démon ici. Plus besoin d’aller le chercher dans sa tanière.
Dans la grande salle de stockage les ombres se mirent à bouger et se déformer se donnant dans un indescriptible chaos une substance d’outre monde, sur l’une des plus hautes piles de conteneur cette substance horrifique s’accumula et prit dans un concert de cliquetis et de soubresauts une forme vaguement humanoïde le tout accompagné de hurlement copiant ceux de la douleur humaine
L’ange se recula hors du sas dans la lumière de la lune. L’homme grisonnant le regarda avec amusement depuis la grande vitre. Ce soir, finalement, c’était bagarre. Dévoilant sa position d’un coup de pied dans la baie vitrée du bureau suspendu, il harangua l’étrange chose apparu dans la pièce.
« allez ma bite viens chercher mes fesses »
Un rugissement outré se fit entendre tandis que de multiples projectiles d’ombres solides filèrent vers l’homme grisonnant. Celui-ci balaya ces derniers d’un revers de main et répliqua avec des torrents de flammes. Les deux s’échangèrent coup pour coup dans le hangar perforant les conteneurs et envoyant valser les marchandises entreposées la.
L’homme grisonnant s’amusait, enfin un adversaire digne de faire usage de cette saloperie démoniaque qui le rongeait chaque jour. Enfin un moment de libération et de non inquiétude sur son identité et ses limites. Tout ce qui comptait c’était la taille de la flamme qu’il jetait a la gueule de l’abomination en face de lui. Il riait tant qu’il en était capable si heureux qu’il sentait malgré l’intensité du combat que ses joues n’étaient crispées que du fait de son rire.
L’abomination en face n’était pas dans le même état d’esprit. Hurlant de rage et de colère il cherchait à tuer. Déchainant son pouvoir dans la moindre parcelle de la pièce, il ne souhaitait pas la guerre seulement le sang et les tripes du grisonnant éparpillé.
Le boucan de l’altercation entre les deux était assourdissant. Et aucun ne semblait être en mesure de stopper l’autre. Tant et si bien qu’aucun d’eux ne vit les anges se masser devant l’entrée. Un festival de comètes atterrissant devant le hangar. Attendant en bon ordre le moment opportun pour y aller.
Le grisonnant continuait de prendre un plaisir fou dans l’affrontement contre cette adversaire qui l’avait provoqué. La fatigue se faisait ressentir mais l’euphorie du moment en faisait plus une suggestion qu’un réel problème. Il continuait à dévorer et projeter les ombres à toute vitesse pour se sentir exister.
Soudainement l’homme grisonnant fut obligé de sortir de son moment d’ivresse. Son adversaire, excédé, disparu dans les ombres.la seconde d’après celle-ci commencèrent à s’accumuler en une petite sphère, une bombe de ténèbres, plus rien n’en réchapperait dans une zone potentiellement immense. En théorie bien plus que la ville entère. L’homme grisonnant n’eut alors qu’une pensée. « un hangar ça vaut moins qu’une ville. » Luttant pour rassembler les ombres a la place de son adversaire fou de rage il dut avec dépit faire exploser la zone entière, lui avec. Préparant sa bombe il entendit Méphisto hurler et relâcha le tout. L’onde pulvérisa le hangar entier, assommant le grisonnant.
A son réveil, quelques minutes plus tard il était dos au sol le regard dans les étoiles au milieu d’innombrables décombres de tailles diverses. Certes les ombres subsistaient par la faiblesse de la lumière lunaire. Mais la détonation n’avait pas étourdi que le grisonnant. S’il se réveillait là au milieu de décombres du hangar c’est qu’il n’y avait qu’une seule bombe qui avait sauté : la sienne.
Rouvrant les yeux il vit les anges massés au-dessus de lui ,incertains de son état, s’exciter
« il est vivant, il est vivant ! S’exclamèrent-ils dans une terrible cacophonie »
dispersant le groupe, une femme a l’armure d’or et d’argent apparut sur le côté droit de la vision du grisonnant.
« toujours aussi abruti a ce que je vois.
-et vous toujours aussi incapable d’agir a ce que je vois. Répondit-il avant de s’étouffer de douleur
-boucle la tu veux ? Je vais encore devoir trouver des excuses abracadabrantesques pour te faire accepter a l’hôpital. Tout ça pour un démon. Se retourna-t-elle avec mépris »
L’homme grisonnant n’était plus qu’une boule de douleur. Mais au moins sur ce sol jonché de débris c’était une boule de douleur satisfaite

