Anna se baladait sur le chemin qui la menait de son arrêt de bus a sa maison comme chaque jour. Fort heureusement la pluie avait cessé peu avant son arret. Elle revoyait le visage inquiet de sa mère la veille observant la télé annonçant une forte tempête.
« pas la peine de prendre un parapluie pour faire la coquette, demain c’est k-way grosse capuche avec un tel vent » disait-t-elle
Anna avait préféré n’en faire qu’a sa tête et partir avec son parapluie de la maison et elle était bien fière d’avoir esquivé la pluie. Un petit sourire taquin lui parcourait le visage tandis qu’elle se voyait déjà annoncer a sa mère qu’elle s’en était fait pour rien.
L’arrêt n’était cependant pas tout proche de la maison et une bonne 15aine de minutes était requise pour effectuer l’itinéraire entre ces deux lieux. Le chemin de campagne révélait les récentes pluies sur les arbres qui luisait sous les rayons du soleil qui faisait son grand retour tandis que l’herbe diffusait cette odeur si caractéristique qui passe après la pluie.
Anna continuait son petit chemin guillerette au milieu de ce joli décor. Profitant du soleil de retour après la journée passée en intérieur pour éviter le temps orageux.
Soudain une goutte se fit sentir. Anna tira la moue elle n’était pas à la moitié du chemin. Par sécurité elle attrapa son parapluie qui était accroché a son sac jusque-là par confort. Elle pressa le pas désormais soucieuse de prendre une averse mal avisée.
Le vent se mit à gonfler tandis que la pluie reprit de plus belle. Désormais franchement agacé Anna dut accélérer prenant la pluie en pleine face, le parapluie rendu inutilisable par les bourrasques.
Désormais trempée elle commençait à avoir du mal à percevoir les alentours tant il était difficile de lever la tête sans prendre des seaux d’eau, fort heureusement elle avait l’habitude du chemin. Mais elle commençait a réellement prendre froid.
La tempête ne fit que de forcir. Désormais frigorifié et prise dans un puissant vent de face elle décida de s’abriter comme elle put. La maison d’un voisin n’était pas bien loin.
Arrivant devant celle-ci elle constata avec dépit que personne ne semblait y être rentré. Dégoulinante elle se recroquevilla comme elle put sous le court préau qui protégeait la porte d’entrée.
De nouveau capable de redresser la tête elle put observer la force de la tempete. Les arbres étaient plié par la force du vent tandis que l’humidité de l’air se faisait sentir malgré l’abri de fortune trouvé en se cachant devant une maison qui n’est même pas la sienne.
Derrière elle un bruit la fit sursauter. La porte se déverrouillait et elle vit passer par l’encadrement de la porte une tête âgée d’une soixantaine d’année
« oh ma petite tu es la fille de claude c’est ça ? Reste pas dehors sous la tempête vient je vais te faire une boisson chaude. Fit la petite tête
ah euh merci. Réagis Anna surprise mais satisfaite. Mais je suis trempé ça vous dérange pas que je salisse tout ?
-oh ma grande, a mon âge de toute façon on apprécie le ménage ça fait une occupation dans la journée
-ah euh bah d’accord alors. Répondit Anna un peu choquée de la réponse »
En entrant elle comprit mieux la dite réponse. Tout était incroyablement impeccable, tant et si bien qu’il eut été impossible de dire que quelqu’un vivait ici pour de vrai. Pas une trace pas une poussière des miroirs reluisant des meubles briquée comme jamais.
Anna toujours incroyablement dégoulinante se sentait incroyablement mal a l’aise de poser le pied au de là du tapis de l’entrée le sol était si propre qu’on pourrait probablement manger dessus.
« allons ma grande, ne sois pas si hésitante je t’ai dit que ça ne me dérangeait guère que tu salisses. Fit la petite dame offrant un plaid bien chaud a la pauvre Anna »
Celle-ci ne se fit pas prier pour enfiler cette couche de chaleur bienvenue. Elle se laissa guider jusqu’au salon ou deux fauteuils faisait face à l’âtre d’une cheminée en pleine activité
« au vu de ce petit parapluie je suppose qu’on a voulu faire la belle ? Fit la petite dame offrant un thé . Ah j’ai connu ça moi aussi a ma grande époque, jeune vaillante toujours à vouloir aguicher les plus beaux hommes du coin. Mais dame nature n’a que faire de nos petites vanités, une petite capuche vaut toujours mieux qu’un gros rhume »
Anna la regarda d’un air génée. Après tout à présent prise sur le fait, dégoulinante d’avoir voulu faire la fière elle n’avait pas vraiment de contre-argument à opposer. Et puis le thé dans ses mains était des plus attirants. Elle en avala avidement le contenu pour se réchauffer autant qu’elle put
« j’avoue j’ai voulu faire la fière devant ma mère. Elle m’avait prévenu qu’un petit parapluie dans une tempête ça serait inutile. Mais j’ai voulu faire comme si ça le serait et je me retrouve un peu trop mal vêtu pour une tel situation ? C’est dommage a quelques minutes près j’aurais gagné mon pari.
-ah la fougue de la jeunesse, poussez les limites toujours même quand les vieux comme moi expriment de la sagesse et non de l’autorité. En tout cas avec de telles trombes je me demande si tu vas pouvoir finir ton trajet. Sortir par un aussi gros temps même en voiture je ne m’y risquerais pas. Avec le flanc de falaise à passer un peu plus loin ? Dans les deux sens ? Avec autant de vent et une route trempée ? Il faudrait être sacrément têtu pour tout de même prendre son volant dans de telles circonstances. Prévint la petite dame
-c’est vrai que ce flanc de falaise n’est pas des plus accueillants et même sans l’avoir atteint il était déjà impossible de me repérer avec toute cette pluie
-ah ça on a rarement vu de tels trombes, ah de mon temps on avait pas tout ça, on était insouciant et maintenant vous les jeunes on vous laisse un climat déréglé. Des fois j’aurais aimé être au courant de tout ça, prévenir les gens changer mon mode de vie pour me dire que j’ai pas participé a tout ca. Mais a quoi bon ? Fit la dame pensive
-au moins vous n’aurez pas à voir la fin du film catastrophe si on veut voir le positif. Tenta Anna bien que toujours fascinée par son thé.
-alors celle ça elle est bien bonne. S’exclafa la petite dame. Avec les progrès de la médecine qui sait je pourrais être la aussi dans 50 ans réagit-elle avec un sourire complice, bon sur ce, il se fait tard, la pluie coupe toute lumière ça me fatigue a vitesse grand v. je te prépare une chambre au cas où et je te laisse gérer, il y a une prise électrique au mur si tu as besoin. Et mes petits enfants ne cessent d’oublier des chargeurs ici tu les trouveras dans le panier d’osier. Sur ce, bonne nuit
-ah bah euh bonne nuit et encore merci. Réagis anna »
Anna vit la petite dame s’embarquer dans l’escalier quand soudain la fatigue la rattrapa elle aussi. Dans le confort du salon avec le bruit rassurant de la cheminée et l’effondrement du stress du a cet environnement calme elle ne se sentit pas partir